Impôt sur le revenu

Revalorisation des tranches du barème de l'impôt : pourquoi vous ne devriez pas payer plus d'impôts en 2026 ?

DemarchesAdministratives.fr · · Article original
Revalorisation des tranches du barème de l'impôt : pourquoi vous ne devriez pas payer plus d'impôts en 2026 ?

La commission des Finances de l’Assemblée nationale vient de redonner un peu d’air au portefeuille des contribuables en rétablissant, pour 2026, une indexation complète du barème de l’impôt sur le revenu sur l’inflation estimée à 1,1 %. Cette décision, prise en nouvelle lecture du projet de loi de finances, marque un net recul par rapport au scénario initial de gel du barème, qui aurait mécaniquement augmenté la facture fiscale de nombreux ménages.​

© Adobestock

Pourquoi le barème de l’impôt sur le revenu était au cœur des débats ?

Le barème de l’impôt sur le revenu détermine à partir de quels seuils de revenus s’appliquent les différents taux d’imposition. Lorsque ces seuils ne sont pas relevés alors que les salaires et les prix augmentent, les contribuables montent de tranche sans véritable gain de pouvoir d’achat.

Pour 2026, le gouvernement avait d’abord choisi une option radicale : geler totalement le barème, afin de récupérer 2 milliards d’euros de recettes supplémentaires et faire contribuer davantage les ménages à la réduction du déficit public. Dans ce scénario, près de 200 000 foyers supplémentaires seraient devenus imposables, uniquement du fait du non-ajustement des seuils à l’inflation.​

Face à ce projet, les critiques se sont multipliées, tant au Parlement que chez les experts, qui y voyaient une hausse d’impôt déguisée, frappant notamment les classes moyennes déjà mises sous pression par la hausse des prix. Le débat est alors devenu un symbole de l’arbitrage entre redressement des comptes publics et protection du pouvoir d’achat.​

Bon à savoir : pour toute question sur votre impôt sur le revenu ou vos démarches fiscales, contactez nos conseillers ou rendez-vous dans le service des impôts des particuliers (SIP) le plus proche.

Ce que change l’indexation à 1,1 %

En commission, les députés ont finalement retenu une revalorisation de l’ensemble du barème à hauteur de 1,1 %, en ligne avec l’inflation prévisionnelle. Concrètement, pour les revenus 2025 imposés en 2026, les tranches par part fiscale deviendraient les suivantes :

  • 0 % jusqu’à 11 623 € ;
  • 11 % de 11 623 € à 29 637 € ;
  • 30 % de 29 637 € à 84 745 € ;
  • 41 % de 84 745 € à 182 277 €
  • 45 % au-delà de 182 277 €.

Le relèvement des seuils est modeste mais réel : par exemple, la limite de non-imposition passerait de 11 497 € à 11 623 €, ce qui permet d’éviter qu’un contribuable dont le revenu progresse à peine ne bascule dans l’imposition.​ Pour les foyers déjà imposés, cette indexation limite la hausse automatique de l’impôt. Un salarié dont le salaire a été revalorisé dans des proportions proches de l’inflation voit ainsi une partie de cette augmentation absorbée par la progression du barème, et non par un glissement dans une tranche supérieure.

Une mesure portée par la droite

Politiquement, cette réindexation intégrale est le fruit d’un amendement porté par la Droite républicaine, et défendu en commission par la députée Les Républicains Véronique Louwagie. Cette dernière a insisté sur le fait que son groupe restait « attaché à pouvoir à terme diminuer les impôts » et refusait donc d’avaliser une hausse masquée via le gel du barème.

La mesure ne fait toutefois pas consensus. Le député Modem Jean-Paul Mattéi a exprimé des doutes sur l’opportunité d’une réindexation totale dans le contexte de finances publiques très dégradées, tandis que Charles de Courson (LIOT) a rappelé crûment que « l’argent manque » pour boucler le budget. À gauche, Éric Coquerel, président LFI de la commission des Finances, s’est abstenu en plaidant pour une solution intermédiaire : limiter l’indexation aux trois premières tranches afin de concentrer l’effort sur les ménages modestes et intermédiaires, tout en préservant des marges de recettes sur les plus hauts revenus.​

Une décision encore provisoire

Attention toutefois, le vote de la commission des Finances n’a qu’une valeur indicative dans la procédure parlementaire. Il s’agit d’un avis sur les amendements qui seront ensuite débattus et votés en séance publique à l’Assemblée nationale, en nouvelle lecture du projet de loi de finances. La version retenue devra également composer avec le texte issu du Sénat, qui avait proposé une voie médiane consistant à ne relever que la première tranche du barème, afin de cibler prioritairement les foyers les plus modestes.​

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